Réforme de la formation initiale : nous voulons des garanties !

SUD éducation a quitté avec la majorité des organisations syndicales la réunion multilatérale du 2 avril de présentation par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la réforme de la formation initiale et des concours d’entrée dans les métiers de l’enseignement pour trois raisons :

  • le refus du ministère de soumettre cette réforme à l’avis du CSA ministériel dans le cadre du dialogue social ;
  • l’absence de garantie sur la co-gouvernance de la formation ;
  • l’absence de garantie sur le respect des conditions de travail des personnels des universités et en particulier des Inspé.

La réforme avait été gelée depuis juin 2024 en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale et de l’absence de budget dédié. À l'issue des concertations qui avaient eu lieu début 2024, les organisations syndicales avaient gagné l’emploi sous statut dès la première année de master avec un salaire de 1400 euros nets par mois alors que le projet initialement présenté aux organisations syndicales ne prévoyait une rémunération de 1800 euros nets par mois uniquement en master 2.

Mais cette victoire n’est pas suffisante et le texte présenté aux organisations syndicales le 2 avril 2025 comprend encore des éléments que SUD éducation conteste : une obligation à servir de 4 ans après la titularisation, l’absence de garantie de prise en compte de la première année de formation pour la retraite, l’absence de formation sous statut d’étudiant·e fonctionnaire pour certain·es lauréat·es, la dispense des épreuves d’admissibilité pour les titulaires d’une licence dédiée. Il est regrettable enfin que les deux années de formation rémunérées ne soient pas de droit pour l’ensemble des lauréat·es.

De même, de véritables inquiétudes demeurent sur les modalités et les contenus de la formation dans un calendrier extrêmement contraint : la réforme ne prévoit pas de moyens supplémentaires pour les universités, qui sont déjà sous tension. Si le gouvernement veut que des licences dédiées soient créées dans les universités, il doit leur allouer le budget nécessaire à cette mise en œuvre. Il est inacceptable que cette réforme participe à mettre en concurrence les UFR entre elles, et les UFR avec les Inspé. De même, la formation des personnels doit se nourrir à la fois des apports de la recherche et d’un contenu professionnel : SUD éducation refuse que les libertés académiques des personnels des universités se trouvent subordonnées aux injonctions de l’Éducation nationale, en particulier sur les questions pédagogiques. SUD éducation exige des garanties sur ce sujet, afin de permettre aux personnels de travailler sereinement sur la mise en œuvre de la réforme.

Enfin, le calendrier précipité et imposé par le ministère de l’Éducation nationale n’est pas de nature à protéger les conditions de travail des personnels dans les universités, or il est de la responsabilité de l’employeur de garantir une organisation du travail respectueuse de la santé des personnels. Le ministère entend en effet prendre un décret statutaire dans les prochaines semaines, avant que les concertations avec les organisations syndicales ne soient terminées et sans que les CSA de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche n’aient pu être consultés. SUD éducation amplifiera son travail d’information des personnels sur leurs droits ces prochaines semaines et pendant toute la mise en œuvre de la réforme.