Conférence sur la réflexion autour de la « Sécurité Sociale de l’Alimentation » SSA

Après le succès de la table ronde aux "Résistant.e.s" du mois d'août dernier sur le Larzac, le collectif Sécurité sociale pour l'alimentation de Millau a proposé de poursuivre la réflexion autour de la création d'une caisse de SSA, ce mardi 28 novembre à la salle du Créa de Millau, avec Dominique Paturel (chercheuse à l'UMR Innovation, INRAE), Killian Vallois (du Comité de la caisse alimentaire commune de Montpellier) et Sarah Melki (maraichère et porte-parole de la Confédération Paysanne 12) . 
Après le constat que, 
- d'une part, la crise économique augmente la précarité alimentaire des consommateurs.trices, 
- que d'autre part, certains agriculteurs.trices ne vivent pas de leurs rémunérations (moins de 600€ pour une maraichère, certain.e.s vivent du RSA au lieu de leurs productions) 
- et qu'enfin seul 6% de la somme dégagée par l'agriculture va aux agriculteurs.trices, la création d'une caisse de SSA se pose comme une solution à expérimenter.
En effet, le paradoxe est posé : alors que les paysan.ne.s produisant une agriculture bio, de qualité mais chère et destinée à des consommateurs aisés sont des producteurs pauvres, les "riches" agriculteurs  productivistes raflent les subventions en proposant des produits de faible qualité, à "bas" prix, pour les plus "pauvres consommateurs".
De la conscientisation de cette injustice sociale est née la réflexion du choix politique et de la mise en œuvre démocratique.
La SSA repose sur trois piliers : 
- l'universalité
- le conventionnement où le choix démocratique
- le financement par la cotisation
Killian Vallois a présenté l'expérimentation de Montpellier issue, à la sortie du confinement, de pique-niques, de projections-débats, puis de réflexions à partir du groupe constitué d'une cinquantaine de personnes. 
Ainsi un comité citoyen (constitué par échantillonnage de la population) décide (au consensus, au consentement ou au vote) des choix des producteurs.trices, distributeurs.trices, points de vente... à partir d'un cahier des charge. L'argent de la caisse de Montpellier vient pour 60% des cotisations et 40% d'un mixte public/privé (région/département/fondations). 
La hauteur de la cotisation est déterminée par chacun.e des cotisant.e.s, et tou.te.s les cotisant.e.s reçoivent l'équivalent de 100 € (en monnaie locale numérique : la Monna). Chaque cotisant.e à une carte avec laquelle il ou elle paye dans les points de vente, des produits conventionnés.
Dominique Paturel, chercheuse sur la question de la démocratie alimentaire, a rappelé que le droit à l'alimentation doit être rendu visible et que celui ci est lié aux luttes sociales. D'après elle, il faut chercher à construire un service public de l'alimentation en se libérant de toute structure administrative existante, se fondant sur l'unité "des bassins de vie" pour garantir le contrôle démocratique des prises de décisions. Elle a aussi abordé la problématique de l'alimentation des œuvres caritatives qui ne s'opposent pas aux circuits de la précarité alimentaire (voire les cautionnent) et a soulevé la question du travail gratuit souvent féminin au sein de ces structures.
Le collectif SSA de Millau a invité les participant.e.s à laisser leurs adresses mail pour participer au projet.