Le 15 juillet, Bayrou a présenté son projet de budget 2026. Celui-ci propose un plan sans précédent contre le service public et contre les travailleur·euses. Dans l’Éducation Nationale et l’ESR, il induit une dégradation immédiate des conditions de travail, d'enseignement et d’accueil des enfants. À la suite de ces annonces, le mouvement “bloquons tout” invite à se mobiliser massivement le 10 septembre. Face à cette situation, SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser et à faire grève dès le 10 septembre selon les modalités décidées localement. Pour que cette journée soit une réussite, SUD éducation appelle les personnels à mener le débat sur leur lieu de travail auprès des collègues dès les journées de pré-rentrée et de rentrée. Vous trouverez dans cette fiche quelques idées pour mener ces discussions avec les collègues que ce soit pendant les premières heures d’information syndicales de l’année, ou des discussions en salle des personnel·les.
De quoi parler ?
En tant qu’agent·e du service public nous ferons particulièrement les frais du budget 2026. Celui-ci prévoit :
- La suppression de 3000 postes et non-remplacement d’un·e fonctionnaire sur trois partant à la retraite : Alors que nos établissements manquent déjà de professeur·es, de remplaçant·es, de personnels médico-sociaux·ales et administratif·ves Bayrou annonce que le nombre d’agent·es du service public va à nouveau diminuer. Ces suppressions vont dégrader encore une fois nos conditions de travail et d’accueil des élèves et étudiant·es.
- Aucune mesure de revalorisation salariale et la poursuite du gel du point d’indice pour les fonctionnaires : le gel pendant un an de toute évolution de nos rémunérations (et également des prestations sociales : allocations familiales, allocations logements, AAH…) va paupériser encore plus les collègues aux plus bas revenus (AESH, AED, cat C et B), et donc particulièrement les femmes. Ce nouveau gel se cumule aux nombreux gels ou augmentations très inférieures à l’inflation depuis plus de 20 ans, qui ont déjà entraîné une perte de 26% du pouvoir d'achat des agent·es du service public !
- La suppression de deux jours fériés : nous allons donc travailler gratuitement deux jours supplémentaires.
Bayrou a également annoncé une série de mesures injustes et brutales pour tou·tes et particulièrement pour les plus précaires. Parmi elles, sont prévues :
- Le doublement des franchises médicales et la diminution de la couverture des patient·es atteint·es d’une affection longue durée (ALD) ;
- La mise en place d’une année blanche par le gel de toutes les prestations sociales et notamment des allocations familiales, logement, adultes handicapés… Cette mesure aura pour effet la baisse (en euros constants) de ces prestations ;
- La remise en cause de la 5ème semaine de congés payés ;
- La baisse drastique des droits au chômage.
L’austérité c’est pas pour tout le monde
Le gouvernement nous demande de « faire des efforts » pendant que le patronat et les plus riches continuent de se gaver. Au moins 211 milliards d’euros d’aides publiques sont distribués chaque année. Ces aides finissent trop souvent… en dividendes. En 2024, ce sont 97 milliards d’euros qui ont été reversés aux actionnaires du CAC 40 tandis que ces grandes entreprises réalisent des profits records. Il faut stopper ce projet de budget injuste et brutal qui ne répond ni aux enjeux sociaux ni aux enjeux environnementaux urgents.
Une situation déjà alarmante
L’école à sec :
Aujourd’hui personnels et élèves résistent comme ils et elles le peuvent mais la situation est inquiétante à bien des égards : manque de remplaçant·es, de nombreux·euses élèves en situation de handicap non accompagné·es, classes surchargées, manque de personnels médico-sociaux, AESH et AED sous-rémunéré·es et privé·es de statut, services administratifs en sous-effectif…
Par ailleurs, l’enseignement privé reste la deuxième cause d’inégalités après la carte scolaire. Il renforce une ségrégation sociale intolérable. Alors qu’il coûte 15% du budget de l’éducation nationale, plus de 40% des élèves au sein de ses structures sont issu·es de catégories socio-professionnelles très favorisées et il ne scolarise que 10% d’élèves boursier·es, contre 30% dans le public.
L’université à sec
L’an dernier, près de 80% des universités étaient en déficit budgétaire. Avec des conséquences directes sur nos conditions de travail et la qualité du service public. Suppression de postes, gel des campagnes d’emplois, précarité accrue, fermetures de filières et de places, arrêt de la rénovation du bâti.
Pendant ce temps-là le gouvernement continue de verser 8Md€ de crédit impôt recherche à des multinationales, sans effet pour la recherche.
En 2025, c’est plus d’1 milliard qui a été retiré au budget de l’ESR. Dans le cadre du PLF 2026, aucune hausse du budget n’est prévue alors que l’inflation, la hausse des prix des fluides et de la rénovation ou la non compensation du GVT rendent exsangues les universités.
Qu’est ce que SUD éducation revendique ?
SUD éducation porte depuis longtemps des revendications pour une école et une université plus égalitaires et émancipatrices :
→ l’arrêt du financement de l’enseignement privé par l’argent public ;
→ l’augmentation des salaires ;
→ la baisse du nombre d’élèves par classe ;
→ une augmentation du budget de l’ESR à hauteur de 3% du PIB ;
→ la création d’un vrai statut pour les AESH et les AED.
Que doit-on faire pour imposer nos revendications de justice sociale et environnementale ?
Pour imposer nos revendications tout au long du mois de septembre nous pouvons : discuter avec nos collègues et notre entourage pour expliquer la situation, participer à la diffusion de tracts, d'assemblées générales, de rassemblements, de manifestations, participer aux blocages, faire grève mais aussi amplifier la mobilisation à la suite du 10.
Et si je n’ai pas l’habitude d’inciter mes collègues à se mobiliser, comment entamer la discussion et organiser collectivement la grève et la mobilisation sur mon lieu de travail ?
→ En organisant des heures / réunions d’information syndicale rapidement. Il faut faire la demande 8 jours à l’avance auprès de la hiérarchie
L’heure d’information syndicale est un droit reconnu par les articles R213-33 et suivants du code de l'éducation à toute·s les agent·es de la fonction publique, titulaires et non titulaires. Dans le premier degré, les heures d'information syndicale sont regroupées en réunion d'information syndicale.
→ Si vous disposez d’un outil de communication habituel entre collègues (groupe de messagerie instantanée, boucle mail), vous pouvez également y proposer de prendre un temps un jour sur le temps du midi pour discuter de la situation politique.
→ En distribuant des tracts dans les casiers des collègues, en salle des personnels et en affichant du matériel sur les panneaux syndicaux. Vous avez à disposition le matériel de SUD éducation et du matériel de l’Union syndicale Solidaires (comme celui de la campagne Pas d’économies sur nos vies). À vous de choisir le matériel qui sera le plus pertinent en fonction de vos collègues.
