Déclaration au Conseil Académique pour l’Enseignement de l’Occitan

vendredi 18 juin 2021

Monsieur Le Recteur,
Mesdames et messieurs les membres du CAEOC.

Tout d’abord, nous nous félicitons de la réunion de ce conseil.

La signature de la convention Etat/Région en novembre dernier qui réaffirme des objectifs ambitieux pour l’enseignement de l’occitan est une excellente nouvelle pour notre enseignement, toutefois nous déplorons aujourd’hui une efficacité bien limitée de cette convention. A ce jour, combien de sites bilingues ont ouvert ? Combien d’ouvertures sont planifiées ? Malgré la mise en route des groupes de travail, dès cet hiver dernier dans les différents départements, nous constatons tristement aujourd’hui que le bilan reste extrêmement faible. Or les engagements de la Convention ne courent que jusqu’en 2022. Comment comptez-vous Monsieur le Recteur, Mesdames et Messieurs les Inspecteurs, tenir les objectifs de cette convention, notamment celui fondamental d’augmenter de 26% les effectifs d’élèves bilingues dans un délai aussi bref. Même dans le département de l’Aveyron où la proportion d’élèves bilingues dans le premier degré est une des plus élevées de l’Académie et où se sont tenus les groupes de travail et d’étude pour la faisabilité d’une ouverture de site, rien à ce jour n’a été acté. Nous ne faisons pas de procès d’intention, mais simplement le constat d’un retard difficilement rattrapable dans le temps imparti. Il est évident, également, que le contexte sanitaire actuel a ralenti, de bien des manières, les bonnes volontés, mobilisant nombre d’acteurs sur d’autres fronts. Aussi afin de parvenir à répondre aux objectifs, nous demandons que soit étudiée la possibilité de prolonger de deux ans cette convention.
Dans le second degré, nous tenons à vous alerter sur l’urgence qu’il y a à se préoccuper du lycée. Au désastre de la Réforme Blanquer et ses conséquences catastrophiques sur les effectifs en occitan au lycée, s’est ajouté le désastre de la crise sanitaire. En effet, dans aucun lycée public de l’Académie n’ont pu se tenir de journées portes ouvertes, temps essentiel pour l’information aux familles sur les différentes possibilités d’enseignement de l’occitan. Bon nombre de projets culturels et éducatifs, vitrines d’un enseignement dynamique et ouvert sur le monde, se sont retrouvés stoppés. Il est à prévoir que malgré les efforts considérables de nos collègues en lycées, les effectifs pour la rentrée prochaine soient une fois de plus en baisse. Nous demandons, donc, la mise en place d’un plan lycée ambitieux, qui prendrait en charge par exemple des journées de liaison 3ème/2nde, tel que cela ce fait avec le soutien de l’OPLO en Nouvelle Aquitaine, mais aussi des temps de formation par bassin regroupant enseignants de lycées et enseignants de collèges afin de créer ou consolider des dynamiques locales aptes à pérenniser la continuité pédagogique.
Dans le second degré encore, le retour de moyens fléchés à la rentrée 2020 a été salutaire. L’enseignement occitan doit en effet être financé spécifiquement, que cela soit dans le cadre du bilinguisme ou des options proposées par les établissements. Cependant, de nombreux collègues nous ont alertés sur le fait que les moyens réellement octroyés dans leurs établissements pour l’enseignement de l’occitan pour la rentrée prochaine ne correspondaient pas aux moyens demandés. Trop souvent le nombre d’heures d’enseignement d’occitan s’avère bien inférieur aux besoins. Afin de comprendre ces inadéquations entre les besoins du terrain et la réalité des heures fléchées destinées à l’enseignement d’occitan, nous renouvelons notre demande que les syndicats et associations représentatives puissent avoir accès à la répartition des heures fléchées dans l’académie de Toulouse. En effet, nous craignons fortement que certains établissements demandent des heures spécifiques pour l’occitan et les emploient d’une autre manière, une fois les heures obtenues. C’est pourquoi un droit de regard accordé aux syndicats et associations représentatives sur la répartition de ces heures apparaît comme une urgence.

Enfin, pour le 2nd degré, Sud Éducation continue, inlassablement, de rappeler la nécessité de réduire, pour les professeurs d’occitan, la taille de la zone de remplacement, actuellement académique. Un tel découpage n’existe que dans un nombre très minoritaire de disciplines, il place nos collègues dans une situation d’une grande précarité puisque les TZR académiques peuvent être amenés à effectuer leur service dans tout établissement de l’académie. Bon nombre de nos collègues enseignent déjà sur 3, 4 ou même 5 établissements. Il est donc indispensable que nos collègues TZR puissent être titularisés sur des postes fixes afin qu’ils puissent assurer leur mission d’enseignement de façon pérenne.


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