Sans moyen, l’inclusion à l’école n’est qu’un slogan

dimanche 23 janvier 2022

Élèves en situation de handicap : chiffres et tableaux Excel vs dignité humaine

À la rentrée 2021, le Ministère de l’EN s’est auto-félicité de la hausse du nombre d’élèves en situation de handicap (400 000) "scolarisé·es en milieu ordinaire". L’expression "milieu ordinaire" ne doit-elle pas être questionnée ? La complexité à prendre en compte pour chaque élève est bien réelle mais ce qui réunit tous ces enfants à tous les autres, c’est ce qui est inscrit dans la Convention des droits de l’enfant (1989) : "Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l’enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination" (article 2) : il est donc du devoir de l’État de ne faire aucune distinction entre les enfants, donc leur milieu ordinaire est tout simplement l’école.

D’autant plus que l’article 28 stipule aussi que "l’enfant a le droit à l’éducation et l’État a l’obligation de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, d’encourager l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire accessibles à tout enfant et d’assurer à tous l’accès à l’enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun. La discipline scolaire doit respecter les droits et la dignité de l’enfant "

Et enfin, "les États parties reconnaissent que les enfants mentalement ou physiquement handicapés doivent mener une vie pleine et décente, dans des conditions qui garantissent leur dignité, favorisent leur autonomie et facilitent leur participation active à la vie de la collectivité." (article 23).

Ce long rappel permet de placer les droits du côté de l’enfant et les devoirs du côté de l’État, du système scolaire et du personnel de l’Éducation nationale.

Cependant, il y a dissonance pour ces derniers car i·elles vivent des situations de stress n’étant pas en pleine capacité d’accomplir leur mission faute de moyens délivrés par l’État.

Dans le 49, des enseignant·es s’inquiètent de ce que des enfants en situation de handicap malgré les notifications de la MDPH, sont déscolarisé·es.

Les enseignant·es référent·es jonglent entre les écoles pour les "mettre" à un endroit ou à un autre comme s’i·elles étaient des paquets qu’on déplace au gré des moyens. Redonnons un sens au mot "inclusion" qui prenne en compte la diversité et la spécificité de chacun·e de ces élèves, les fasse participer à la vie collective et leur apporte le droit de réussir à égalité avec tou·tes les autres.

Quelle image peut émerger dans la tête de ces enfants quand i·elles s’aperçoivent qu’il n’y a pas de place ici ou là ? Que ressentent-i·elles quand i·elles voient leurs parents batailler pour leur "trouver une place" ? Ou quand i·elles savent que leurs copains ou copines vont à l’école toute la journée mais pas elles et eux ? La crainte est qu’en plus de vivre avec leur handicap, i·elles se perçoivent comme un poids. Ce ne sont pas elles et eux le problème mais le système scolaire qui n’est pas adapté. C’est au système scolaire de s’adapter à elles-eux et non l’inverse, de les soulager de cette idée en les accueillant dignement et en créant une école réellement inclusive.

Pour que cette égalité de traitement soit possible, il faut que les effectifs des classes soient allégés et repenser le rôle et la fonction des AESH.

Ces AESH maltraité·es, tiraillé·es entre leur conscience et les moyens alloués, réparti·es dans les PIAL, gérés par les tableaux Excell. Pour économiser quoi ? Les ressources humaines en AESH parce 700 € par mois ne font pas rêver ou l’argent du ministère pour le rendre en fin de bilan ? À moins que ce ne soit les deux ! Comptant sur la fibre affective, le ministère les abandonne en ne leur donnant pas un vrai statut, une vraie formation, une vraie rémunération et une vraie reconnaissance comme des professionnel·les à part entière, et par conséquent les exclue des équipes pédagogiques.

Ce samedi 15 janvier, l’abominable Z a fustigé "l’obsession de l’inclusion" et proposé de placer les élèves en situation de handicap dans des endroits à part. Dans le tollé général, la classe politique a caractérisé ces propos de "pitoyable" et "impardonnable". Elle et ses candidat·es se sont emparé du sujet le temps d’un week-end bien conscient·es que le vote des 12 millions d’électeur·trices concerné·es par le handicap n’était pas à négliger, jusqu’à ce que le soufflé retombe aussi vite qu’il est apparu car les enfants en situation de handicap, le parcours du combattant des parents et le malaise des AESH et des enseignant·es ne sont que futilités dans le climat nauséabond.

"Pitoyable" et "impardonnable", c’est aussi Blanqu·er qui a laissé depuis 5 ans son personnel livré à l’insuffisance des moyens.


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