Pourquoi il faut créer partout des caisses de grève, exemple dans l’Aveyron

mardi 18 janvier 2022

Cela fait quelques années qu’on évoque la nécessité de créer une caisse de grève à l’occasion d’un conflit dans une entreprise ou dans un établissement de service public. De quoi s’agit-il ? Comment ça marche et pourquoi avoir recours à cette solution ?

Les luttes sociales de ces 15 dernières années ont dû faire face à une détermination de plus en plus forte du patronat et de l’état dans leur volonté de détruire les droits sociaux et de fermer la porte aux revendications syndicales. Cela a pu se mesurer lors des mobilisations contre la casse des retraites (2010, 2019-2020) et contre la loi Travail (2016-2017). Comme à chaque mobilisation, les organisations syndicales les plus combatives ont tiré des bilans des luttes engagées, afin d’en apprécier les acquis comme les limites. Il est apparu ces dernières années que la solidarité financière était une condition importante pour pouvoir engager de telles luttes.

La solidarité favorise la lutte
Ainsi en 2019-2020, les caisses de grèves ont joué un rôle décisif pour lancer des grèves illimitées mobilisant un nombre conséquent de salarié.e.s. Cela a été le cas à la SNCF et à la RATP. Même si le pouvoir avait décidé de voter sa loi régressive sur les retraites, il a finalement fait machine arrière, y a renoncé lors de la première vague de Covid et a pour une fois tenu compte d’une opposition majoritaire à cette loi chez les salarié.e.s.
A posteriori, on mesure à quel point la grève et la solidarité interprofessionnelle et financière qui l’ont fait vivre ont été décisives.
Depuis la rentrée de septembre 2021, SUD Éducation a participé dans plusieurs départements, parfois seule, parfois avec d’autres organisations de l’intersyndicale (FSU, CGT, FO) à la création de caisses de grève, principalement pour soutenir les accompagnant.e.s d’élèves en situation de handicap et les assistant.e.s d’éducation dont les salaires particulièrement bas procurent peu de ressources pour faire grève. Ainsi en Aveyron, nous avons impulsé trois caisses de grève à Saint-Affrique, Millau et Villefranche-de-Rouergue afin de prendre en charge les retenues de salaires suite aux grèves des 23 septembre, 19 octobre et 2 décembre au cours desquelles ces catégories de personnels se sont plus ou moins fortement mobilisées. À Saint-Affrique, la caisse de grève a eu un fort impact sur le taux de grévistes qui a oscillé entre 50 et 80 %.

La redécouverte des méthodes ouvrières
L’idée n’est pas récente. Elle s’est développée au XIXe siècle dans les bassins industriels en France comme dans d’autres pays parce que c’était la seule façon de tenir parfois pendant plusieurs mois pour obtenir gain de cause sur les salaires et les conditions de travail. Plus proche de nous, c’est bien une caisse de grève qui permet aux ouvriers et ouvrières de la SAM de lutter et d’occuper leur usine pour maintenir leur activité.
Le fonctionnement d’une caisse de grève est assez simple. Toutes celles et ceux qui peuvent et veulent y contribuer le font. À Saint-Affrique la caisse de grève a permis de collecter à ce jour 500 euros auprès d’une trentaine de collègues. Tou.te.s grévistes AED et AESH qui souhaitaient être indemnisé.e.s pour leur participation aux grèves des 23 septembre et 19 octobre l‘ont été à 100 % sur la base d’une retenue de salaire d’un trentième par jour de grève effectué. Les grévistes du 2 décembre seront indemnisé.e.s en janvier.
L’intersyndicale SUD, FSU, CGT, FO est fortement mobilisée pour que les AED et AESH obtiennent gain de cause pour un véritable statut, une formation digne de ce nom et des salaires plus élevés. Les petites avancées en matière de carrière et de salaires pourtant insuffisantes nous renforcent dans l’idée que cette lutte est juste et que le pouvoir ne pourra refuser éternellement de donner droit à ces collègues. Mais pour que la mobilisation ait un sens, il faut que les AESH et AED soient visibles lors des mobilisations. C’est là que les caisses de grève ont leur utilité. Pour l’instant, elles sont alimentées par les collègues grévistes ou non grévistes solidaires mais rien n’interdit de s’adresser à un public plus large de salarié.e.s dans la perspective de grèves plus dures et plus longues, sans doute nécessaires pour faire céder un pouvoir qui n’a pas de limite pour satisfaire les intérêts privés mais qui n’a que mépris pour les revendications légitimes des salarié.e.s.


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