Grève des examens !

jeudi 6 juin 2019

SUD éducation apporte son soutien aux jurys solidaires des grévistes : le ministère incapable de publier les résultats du baccalauréat.

Communiqué de SUD éducation

Hier soir à la télévision, le ministre Blanquer a adopté un ton martial pour menacer les personnels engagés dans la grève des corrections du brevet et les rétentions de notes du baccalauréat. Il tente par tous les moyens de minimiser l’impact de la grève, et se trouve confronté à son efficacité.

Fidèle à son habitude, le ministre continue de croire que des déclarations à la presse vaudraient une instruction officielle. C’est ainsi que les consignes qu’il donne ont été relayées parfois oralement par des chef-fe-s de centre, parfois sur des feuilles sans en-tête ni signature sans aucun caractère officiel.

Les personnels convoqués dans les jurys sont
– soit en grève ;
– soit siègent mais adoptent des motions indiquant qu’il leur est impossible de délibérer au vu des manques de notes pour les candidates et les candidats ;
– soit acceptent de délibérer uniquement pour les candidat-e-s qui auraient toutes leurs notes.
Les motions en ce sens adoptées par les jurys se multiplient.
Les personnels sont solidaires des grévistes qui retiennent les copies, et en tant que membres d’un jury souverain aux termes du code de l’éducation leur refus de se conformer au caprice d’un ministre est légitime et légal.
Les dysfonctionnements se multiplient : certains rectorats procèdent à une saisie de notes fantaisistes, les chef-fe-s de centre exercent des pressions inadmissibles sur les membres des jurys.
Il est d’ores et déjà certain que le ministère ne sera pas en mesure de publier ce soir les résultats comme escompté.
SUD éducation soutient pleinement les grévistes engagé-e-s dans les rétentions des notes, et les membres des jurys qui refusent de se livrer à la farce ministérielle.

Lundi 1er juillet à Rodez

Appel intersyndical à se retrouver à 10h00 devant l’IA/DSDEN
( 279 Rue Pierre Carrère, 12000 Rodez)

puis rassemblement Place d’Armes à 11h00

La mobilisation contre les réformes Blanquer prend incontestablement de l’ampleur. La grève du 17 juin a été une réussite, avec des centres d’examens fortement perturbés, et des AG nombreuses ayant voté la reconduction. Depuis, les initiatives de mobilisation se sont multipliées, avec des piquets et rassemblements. Lundi 24 juin, une grève était appelée sur les centres de correction du bac pro, qui a été très bien suivie par endroits. Peu à peu, la rétention de note s’impose comme une perspective très intéressante pour amplifier le rapport de force. SUD éducation soutient toutes les initiatives portées par les collègues.
Parmi les perspectives de mobilisation, une intersyndicale large a appelé les personnels à la grève le 27 juin, premier jour du diplôme national du brevet. Or, le ministre a décidé ce jour de reporter le diplôme national du brevet du fait de la canicule. Certes, les fortes chaleurs en cours sont une raison suffisante pour faire reporter le brevet. Mais il est raisonnable de penser que la mobilisation en cours a également compté dans l’arbitrage du ministère.
Quoiqu’il en soit, SUD éducation continue à appeler les personnels à la grève des examens pour amplifier le rapport de force contre le ministère et sa politique éducative.

C’est pourquoi, dès à présent :

SUD éducation appelle les personnels à se mettre en grève le 1er juillet, premier jour du diplôme national du brevet ;
SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à rejoindre et à étendre la mobilisation, en organisant des Assemblées générales et en votant la grève et sa reconduction ;
SUD éducation appelle les personnels à poursuivre dans le cadre le plus collectif possible la grève des examens pour toutes les surveillances, les corrections sur site, les oraux et les convocations de jury ;
SUD éducation soutient toutes les initiatives prises collectivement par les collègues, et notamment les rétentions de notes



À Rodez lundi 17 juin : Rassemblement des personnels grévistes et de leurs soutiens devant la Préfecture à 7.30 : 50% de personnels grévistes dans les 2 lycées de la ville, les épreuves ont quand même pu se dérouler de justesse dans les centres d’examen ; les 60 personnels grévistes présents se sont ensuite réunis en AG et ont voté pour que l’IS nationale appelle à la reconduction de la grève, ce qui a été confirmé en soirée. L’AG a également décidé d’appeler à un filtrage au rond-point du Mc Do (et Courte Paille) mardi 18 juin, à 7.15.

Le monde éducatif connaît actuellement une mobilisation d’une ampleur particulièrement importante. Depuis le 19 mars, les personnels, en particulier du premier degré, sont très fortement mobilisés contre le projet de loi Blanquer. Dans le second degré, les réformes des lycées, du bac et Parcoursup suscitent toujours autant de colère, et les initiatives de mobilisation sont très fortes. Le ministère s’acharne à réprimer les mobilisations par les menaces, intimidations et sanctions contre les personnels. Resté sourd jusqu’ici, le ministre ne nous laisse d’autre perspective que de continuer à construire le rapport de force. Face à cette surdité et à l’ampleur du désastre et des conséquences des réformes pour les générations à venir et le devenir des diplômes, la grève des examens s’impose. Dès le 17 juin : grève des examens !

Contre la loi Blanquer

Le projet de loi Blanquer est significatif du projet d’école du ministère : à la fois libéral et réactionnaire. Libéral parce qu’il organise le démantèlement du service public d’éducation, par les cadeaux faits au privé (article 3) ou par la précarisation organisée des missions d’enseignement (article 14). Réactionnaire par la volonté de museler la liberté de parole des enseignant-e-s (article 1), par la mise au pas de la formation des futur-e-s professeur-e-s (article 10) ou par l’obligation d’afficher le drapeau tricolore dans les salles de classe. Les modifications apportées par le débat parlementaire au Sénat introduisent des amendements inquiétants : financement accru du secteur privé, statut de directeur-rice d’école supérieur-e hiérarchique, avis des chef-fe-s d’établissement sur les mutations, possibilité de l’annualisation du temps de travail, formation continue durant les vacances… Le Sénat a également multiplié les amendements nauséabonds : menace de suppression des allocations familiales pour les familles d’élèves décrocheur-se-s, affiches avec les paroles de la Marseillaise et les drapeaux français et européens, interdiction d’accompagner les sorties pour les mères voilées. Mais ne nous y trompons pas : pour SUD éducation, c’est le retrait pur et simple du projet de loi qui est à l’ordre du jour !

Toutes et tous en grève des examens, à commencer par le 17 juin, premier jour du baccalauréat !

Contre la précarité

La loi Blanquer s’inscrit dans la continuité des réformes de casse du statut de la fonction publique, notamment par le recrutement de personnels précaires contractuels au lieu de fonctionnaires. C’est le cas notamment pour les AESH, qui seront amené-e-s à subir les temps partiels imposés, les CDD à répétition, et la mise en place des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé (PIALs), qui vont encore dégrader les conditions de travail des personnels. Des journées de mobilisation ont été organisées avec succès les 15 et 23 mai. Combattons les réformes de casse du statut, luttons pour la titularisation de toutes et tous les précaires !

Contre les réformes des lycées et du bac

Avant même la loi Blanquer, le ministère organisait le tri social généralisé. Parcoursup, c’est la sélection à l’université. La version 2019 de Parcoursup est toujours plus anxiogène pour les élèves et les familles. La réforme du baccalauréat, c’est l’instauration de bacs maison qui n’auront pas la même valeur en fonction du lycée ou du territoire dans lequel il aura été obtenu. La réforme de la voie professionnelle, c’est la casse du lycée professionnel. La réforme du lycée général et technologique, c’est l’instauration d’un lycée à la carte, qui met en concurrence les lycées, les filières et les élèves. Combattons les contre-réformes Blanquer !

Nos revendications

  •  le retrait du projet de loi Blanquer
  •  le retrait du projet de loi transformation de la fonction publique
  •  l’abrogation des contre-réformes des lycées, du baccalauréat, de Parcoursup
  •  l’abandon du projet de réforme des retraites
  •  une augmentation des salaires pour aller vers l’égalité salariale
  •  une baisse du nombre d’élèves par classe : 20 élèves maximum par classe, 16 en éducation prioritaire, 12 en SEGPA
  •  la mise en place de pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices
  •  une école égalitaire et émancipatrice


L’abrogation de la loi Blanquer est au cœur des revendications des personnels mobilisés. Mais il s’agit de ne pas oublier la réforme des lycées, du bac et parcoursup, contre lesquelles sont mobilisés les personnels depuis cet hiver. Il s’agit également d’obtenir le retrait du projet de loi transformation de la fonction publique. Les réformes sont cohérentes : notre mobilisation doit l’être aussi. C’est pourquoi SUD éducation appelle tous les personnels à se mettre en grève dès le 17 juin, premier jour du baccalauréat. Une seule journée ne suffira pas à faire plier le gouvernement, chacun-e le sait : à ce titre, il s’agit de construire, dans les Assemblées générale, un mouvement massif de grève reconductible sur toute la période des examens.

Contre la loi Blanquer, contre la loi transformation de la fonction publique, contre les réformes Blanquer, SUD éducation appelle tous les personnels de l’Éducation à :

-* se mettre en grève dès le 17 juin, premier jour du baccalauréat,

-* prendre appui sur cette date pour construire dans les AG un mouvement de grève reconductible sur toute la période des examens

-* SUD éducation a déposé un préavis de grève spécifique pour toute la période des examens


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