Communiqué de presse intersyndical du 10 novembre 2020

mercredi 11 novembre 2020

Communiqué de presse intersyndical du 10 novembre 2020
Le 29 octobre, Jean-Michel Blanquer annonçait les conditions de reprise des cours
pour le 2 novembre, en plein reconfinement, alors même que la circulation du
coronavirus était très active. Ses propos montraient, une fois de plus, la totale
impréparation pour affronter l’épidémie, mais aussi l’extrême mépris pour la situation
sur le terrain, pour les personnels et les élèves à qui il fait courir de gros risques.
La situation sanitaire est grave, la deuxième vague est là. Les données scientifiques
parlent d’elles-mêmes : les jeunes de plus de 10 ans sont également touchés par le
virus comme le montrent les derniers chiffres de Santé Publique France, loin de ceux
donnés par le ministre. Pourtant, depuis mars, aucun investissement, que ce soit en
termes d’emploi ou de matériel de protection, n’a été fait dans l’Education Nationale .
A l’appel d’une large intersyndicale, la journée du 10 novembre a été marquée par
une mobilisation importante. Cette « grève d’avertissement » voulait alerter pour
éviter une nouvelle fermeture des écoles, qui aurait des conséquences scolaires et
sociales dramatiques, creusant encore davantage les inégalités. 45 % des personnels
en collège étaient en grève sanitaire pour dénoncer les classes surchargées, les
couloirs bondés, les cantines encombrées parce qu’il est incompréhensible que les
collèges ne bénéficient pas, comme les lycées, de mesures de protection renforcées.
Les vies scolaires étaient aussi particulièrement mobilisées : les AED sont, du fait, de
leurs missions particulières très proches des élèves et donc particulièrement exposés
au virus.
Les mobilisations des personnels et l ‘annonce de cette grève ont contraint le ministre
de l’Éducation à reculer. Néanmoins aucune mesure n’a été prise pour les collèges et
des questions restent en suspens (recrutement de personnels (pour remplacement,
AESH…) question des examens …, agents d’entretien…)
Nos organisations rappellent qu’elles sont favorables au maintien de l’ouverture des
écoles, collèges et lycées mais cela ne peut se faire sans la mise en place d’un
protocole permettant réellement d’assurer la sécurité sanitaire de toutes et tous. Le
gouvernement met en danger les personnels, les élèves et leurs familles et ne garantit
en rien les apprentissages et la réussite de tous les élèves.
Cette politique risque fort d’aboutir à court terme au choix cruel de devoir fermer
complètement des écoles, collèges, lycées pour endiguer l’épidémie, alors que
l’absence d’école est très préjudiciable pour nos élèves. Blanquer n’ignore absolument
pas cette situation.
Macron et Blanquer confirment donc leur choix de soutenir l’économie « quoi qu’il en
coûte » sans exiger de garanties sur l’emploi. Nous estimons au contraire que le
gouvernement, avec les collectivités locales, peuvent et doivent se donner les moyens
d’accueillir l’ensemble des élèves avec les meilleures garanties sanitaires pour tou-tes,
et mettre tout en oeuvre immédiatement pour éviter une fermeture complète.
C’est pourquoi, nous exigeons :
 le passage à un fonctionnement en demi-groupe, selon des modalités
d’organisation à définir (alternance de semaines, de jours etc), sans recours au
cumul présentiel / distanciel dans les situations critiques pour les personnels et
les élèves
 l’écriture par la hiérarchie de certaines consignes pour ne pas laisser les
équipes enseignantes seules face aux arbitrages des IEN (non-remplacement
entre autres) et des chefs d’établissements
 les recrutements massifs de personnels, d’AED, d’AESH mais aussi d’agents
territoriaux pour assurer un nettoyage et une désinfection des salles
 des temps de concertation pour la mise en place du protocole sanitaire
 la réorganisation de la demi-pension pour limiter le brassage des élèves, de
nouvelles modalités d’aération des salles, alors même que l’hiver rend
l’ouverture des fenêtres plus problématique qu’à la rentrée et des mesures
adaptées pour les internats
 la prise en compte de la situation des personnels vulnérables et de celles qui
vivent avec des personnes vulnérables
 des mesures doivent aussi être prises sur le plan pédagogique parmi lesquelles
l’aménagement des programmes et un nouveau calendrier du bac (report des
EC1 et des épreuves de spécialité en juin)
 l’abandon de la suppression de postes dans le 2nd degré à la rentrée 2021
 le jour de carence doit être suspendu immédiatement : il est inacceptable que
les personnels payent le prix d’être malade !
De plus, nous nous indignons de la nouvelle marque de mépris du ministre, du
gouvernement et du président de la République qui ont supprimé au dernier moment
le temps de discussion et de préparation à l’hommage pour notre collègue Samuel
Paty. Un temps de discussion indispensable compte tenu de la gravité et de la
violence de l’événement.
C’est pourquoi, l’intersyndicale réunie aujourd’hui, soutient toutes les initiatives
prises par les personnels et appelle l’ensemble des personnels des établissements du
1er et 2nd degré qui ne l’ont pas déjà fait à se réunir en AG, à rédiger des cahiers de
doléances et à décider collectivement des suites à donner pour obtenir satisfaction


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