Compte-rendu de la rencontre de SUD Éducation avec le Ministre de l’Éducation Nationale

jeudi 12 octobre 2017

Sur les postes et le budget 2018

 Nous avons posé la question de l’inadéquation du nombre de postes ouverts avec les besoins. Dans ce contexte, les arbitrages budgétaires concentrés sur les CP/CE1 à 12 en REP/REP+ se sont faits au détriment du second degré.


Le ministre admet que le premier degré est sous-doté par comparaison aux autres pays de l’OCDE. Il nie qu’il y ait un problème de dotation dans le second degré ou dans le supérieur.

 Il qualifie de « mesure sociale extrême » le dispositif CP à 12, qu’il compte étendre aux classes de REP, puis aux classes de CE1 en REP+, et enfin en REP à partir de la rentrée 2019.

 Le ministère explique que, pour ne pas inscrire au budget des prévisions de dépenses correspondant aux postes ouverts aux concours mais dont il estime qu’ils ne seront pas pourvus faute de candidat, il diminue le nombre de postes ouverts aux concours. Ainsi, pour un concours pour lequel 250 postes sont ouverts mais lors duquel seulement 200 sont pourvus, le ministère n’inscrira à l’avenir que 200 postes.

 

Le ministère admet qu’il existe un problème de recrutement, possiblement lié à la question salariale.

 

Commentaire de SUD éducation:

 SUD éducation ne peut que se féliciter que le ministère admette enfin l’intérêt pédagogique d’une réduction importante des effectifs. Toutefois, la mise en place de ce dispositif à la hussarde, sans aucun cadre réglementaire, pousse la hiérarchie à imposer des montages absurdes dans des écoles déjà contraintes par le manque de place.

Il est en outre inacceptable que la mise en place des CP à 12 s’opère à moyens constants au détriment des autres dispositifs tels que les PDMQC, ou bien des recrutements nécessaires dans le secondaire.

Les justifications de la baisse programmée du nombre de postes au concours ne trompent personne. Elles correspondent à une politique d’austérité budgétaire. La réponse à la « crise du recrutement » ne peut être la baisse du nombre de postes ouverts quand dans une logique technocratique d’affichage, alors que ce sont les conditions de travail et les rémunérations qui devraient être interrogées. Il y a urgence à recruter à la hauteur des besoins, à titulariser sans condition l’ensemble des personnels précaires, à prendre en compte les difficultés de nos métiers, à augmenter l’ensemble des salaires.

 


SUD éducation a posé la question de la santé des élèves vu les graves carences en poste dans la médecine scolaire.


Le ministère se dit conscient des problèmes de la médecine scolaire et indique vouloir travailler à l’effectivité de la visite médicale en CP.

 

Commentaire de SUD éducation:

Une pieuse déclaration de principe par laquelle le ministère ne s’engage à rien. En outre, la prise en compte de santé des élèves ne peut nullement se réduire à une visite médicale au début de la scolarité obligatoire.



Conditions de travail

 

SUD éducation a demandé au ministre ce qu’il compte entreprendre pour mettre fin au manque criant de médecins de préventions dans les académies.


Le ministère se contente d’indiquer qu’il s’agit bien d’un problème. Interrogé plus avant, il indique étudier avec le ministère de la Santé la possibilité de conventionner des médecins libéraux.

 

Commentaire de SUD éducation:

Cette réponse ressemble fort à une manœuvre dilatoire, comme toujours sur ces questions. Le ministère ne prend pas la mesure de cette question pourtant essentielle.

Dans l’éducation nationale, il y a 1 médecin de prévention pour 15574 agent-e-s, alors que la loi demande 1 médecin pour 2500 agent-e-s ! L’éducation nationale ne respecte la loi qu’à 16 % ! (Chiffres année 2015-2016).

 

SUD éducation revendique la création d’une médecine de prévention digne de ce nom dans l’Éducation nationale : cela signifie une politique d’embauche, autrement plus volontariste, de médecins en nombre suffisant.

 

Comme nous l’avions prévu dès la nomination de celui qui a fait appliquer la politique éducative de Sarkozy, le projet de JM Blanquer est à la fois néolibéral et réactionnaire.

Il va encore plus loin dans la volonté de renforcer les pouvoirs des chef-fe-s d’établissement et les hiérarchies, y compris dans le 1er degré. Sa vision des programmes et des méthodes s’inscrit dans une vision réactionnaire de l’école. En multipliant les processus de sélection, l’école d’Emmanuel Macron et de Jean-Michel Blanquer poursuit l’adaptation du service public d’éducation aux besoins du patronat.


Pour SUD éducation, l’heure est à la construction d’un large front de lutte contre cette contre-révolution scolaire qui vient, et à la défense d'une école égalitaire et émancipatrice. Il doit s’inscrire dans le mouvement global de refus des politiques néo-libérales de Macron et de son gouvernement.



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